Je suis épuisé par tout ce soleil qui ne finit pas de rester éveiller. Les jours sont longs longs et encore on me dit que c'est pas pire que plutard TU VERRAS!
Je suis en quête d'un espace vital pour rester dans la nuit, mais c'est long long à Whitehorse car tout le monde cherche un coin de nuit pour l'été. Il n'y a plus de chambre de libre, et les quelques restantes sont submergées de monde. Alors je reste sous la tente, toutes les nuits qui se transforment en jours. Quant aux jours, ils restent toujours jours.
Puis j'ai rencontré ce couple. Le gars est un prédateur, il me l'a dit, il est comme ça, au moindre affût de tout. Il veut monter son propre business, il veut être indépendant. Il est monté dans le nord parce qu'ailleurs ce n'est plus trop bleue la vie. Il m'a montré des tonnes et des tonnes de papiers pour dire IL FAUT ALLER DANS LES MINES D'OR, DE JADE, DE DIAMANTS et toutes les autres pierres convoitées. Alors j'ai pris toute la doc', et je pense... moi dans les mines d'or, ou ailleurs dans les mines... Il me voit là-dedans, dans les mines...
Hier j'ai croisé l'autre fou du camping, tandis que je m'apprêtais à passer une nuit blanche de soleil, il est venu me voir et m'a invité à prendre une bière. Marcus, c'est son nom, tout simplement. Un Hollandais fou du scalp. Lui, ce n'est pas dans les mines qu'il me voit. NON! TOI, TU DEVRAIS ALLER DANS LA GALERIE D'ART SITUÉE A 10 KILOMÈTRES D'ICI, IL FONT UN RESTAURANT ET ILS ONT BESOIN DE BRAS... ET ILS ONT UNE JOLIE FILLE DE TON AGE. Bref, voilà le tableau...
Et je sens que chacun voit un putain d'avenir à ma porté, comme si on s'autorisait à rêver pour les autres. Hé toi! Le nouveau! Viens-t-en là, j'm'en vas te raconter ton rêve, gars!
Mais pour l'instant, je me balance entre les rues de Whitehorse, à la recherche d'un spot pour m'échapper du soleil de minuit qui me fait tourner le scalp.
mardi 18 mai 2010
Le Cheval Blanc
Je dois avoir des problèmes de vue parce que les routes sont des autoroutes, les maisons sont des villas, les "King Size" sont des "Huge Size" ou quelque chose dans le genre.
Les icebergs qui longeaient la route, bien tranquillement, m'ont dilaté la boîte crânienne, si bien que mon appareil photographique biologique n'a plus assez de place pour tout photographier.
La première fois que je suis entré dans Whitehorse, j'ai cru à un rapt par les icebergs. Tout le monde s'était échappé, ou perdu, ou égaré, ou pire, disparu. Les rues "Huge Size" ne rejetaient pas l'écho de mes pas. Il n'y avait que l'ombre de MON GROS SAC. Il n'y avait que les icebergs autour, ces montagnes de blanc où coulait parfois de grands traits marrons. Dans le vide de la ville, LE SILENCE EST TROP GRAND AUSSI!!
Alors je me suis pointé à l'auberge où un chuchotement m'a pris par les sentiments, une voix de vieille femme toute laide pour me présenter une paillasse pour les jours à venir. J'ai dormi comme un boulet.
Le lendemain, les rues "Huge Size" étaient comme la veille. Ce n'était pas un rêve. Mais un gars barbu, style trappeur né des bois profond, s'était égaré au hasard d'une ballade avec ses chiens de traîneau.
- Comment tu t'appelles?
- Yann. Et toi?
Je lui ai dit comment je m'appelais à l'époque, et c'est là qu'il a déballé toute sa vie: perdu dans le Yukon pour bosser dans les chenils de traineaux, rencontre d'une Manitobienne francophone délicieuse parce qu'ELLE AVAIT UN ACCENT SUBLIIIIME, des histoires avec la police en Inde, ou bien la fois où il a vécu dans une tente de trappeur tout un hiver. Ouais... c'est un peu près tout...
Alors coup sur coup on a levé nos coudes au comptoir du "Gold Rush" façon bar-saloon country musique en live direct depuis la scène, avec chouette mannequin à la flûte et vieux grisonnant de la barde au banjo. Quant au mec à la guitare, il chantait comme un gars qui chante. Tout simplement.
Les icebergs n'ont pas tout fait disparaître. La vie s'est cachée et il faut aller la chercher, un peu plus en-dessous que la normale. Whitehorse sort de l'hiver comme si elle avait succombé à un tsunami.
Les icebergs qui longeaient la route, bien tranquillement, m'ont dilaté la boîte crânienne, si bien que mon appareil photographique biologique n'a plus assez de place pour tout photographier.
La première fois que je suis entré dans Whitehorse, j'ai cru à un rapt par les icebergs. Tout le monde s'était échappé, ou perdu, ou égaré, ou pire, disparu. Les rues "Huge Size" ne rejetaient pas l'écho de mes pas. Il n'y avait que l'ombre de MON GROS SAC. Il n'y avait que les icebergs autour, ces montagnes de blanc où coulait parfois de grands traits marrons. Dans le vide de la ville, LE SILENCE EST TROP GRAND AUSSI!!
Alors je me suis pointé à l'auberge où un chuchotement m'a pris par les sentiments, une voix de vieille femme toute laide pour me présenter une paillasse pour les jours à venir. J'ai dormi comme un boulet.
Le lendemain, les rues "Huge Size" étaient comme la veille. Ce n'était pas un rêve. Mais un gars barbu, style trappeur né des bois profond, s'était égaré au hasard d'une ballade avec ses chiens de traîneau.
- Comment tu t'appelles?
- Yann. Et toi?
Je lui ai dit comment je m'appelais à l'époque, et c'est là qu'il a déballé toute sa vie: perdu dans le Yukon pour bosser dans les chenils de traineaux, rencontre d'une Manitobienne francophone délicieuse parce qu'ELLE AVAIT UN ACCENT SUBLIIIIME, des histoires avec la police en Inde, ou bien la fois où il a vécu dans une tente de trappeur tout un hiver. Ouais... c'est un peu près tout...
Alors coup sur coup on a levé nos coudes au comptoir du "Gold Rush" façon bar-saloon country musique en live direct depuis la scène, avec chouette mannequin à la flûte et vieux grisonnant de la barde au banjo. Quant au mec à la guitare, il chantait comme un gars qui chante. Tout simplement.
Les icebergs n'ont pas tout fait disparaître. La vie s'est cachée et il faut aller la chercher, un peu plus en-dessous que la normale. Whitehorse sort de l'hiver comme si elle avait succombé à un tsunami.
samedi 8 mai 2010
De la poussière d'iceberg
On est tous dérangés du ciboulot, dès le matin avec les urgences du matin, ce qui implique le remplissage de tasse et autres récipients, une véritable armada de contenants qui se présente au garde à vous. Alors il y a des étoiles qui s'échappe, comme ça, d'un coup mais progressivement. C'est le matin, et quand c'est le matin avec tout ce qu'il faut pour être dérangé du ciboulot, il ne faut pas en demander trop.
La veille, c'était comme un champs de masses souriantes. Je ne sais pas comment vous le dire mais c'était comme un champs de masses souriantes. On était tous là, pas main dans la main, à se pencher pour capter des bouts d'univers, des bouts de semblant, des bout d'iceberg en poudre. C'était pas mal étrange toutes ces étoiles, je dirai même que c'était pas normal. Comment tout un bout d'iceberg présenté comme ça sur la table, empilé entre deux cartes plastiques nets qui tasse bien les bouts, peut rendre les choses si peu claires?!
La veille, je le répète, c'était si peu clair que même le jour c'était barré. Plus rien à foutre. Casse toi, c'est déjà assez comme ça. On ne va pas ajouter du beau dans tout ça, alors pourvu que ça reste en pleine « noirceur ». Les bouts d'iceberg en poudre ont bien trop de couleurs...
Et moi, dans tout ça, la face contre les couleurs électriques, je guidais des formes pixels, des formes neutres, limite sans cœur ni âme. La face bien en parallèle, je suis tout ce qui bouge.
Et ce ne sont pas des aurores boréales. Non.
Ce ne sont pas des aurores boréales, toutes ces poussières d'iceberg en suspens.
Ils sont tombés dans le piège en croyant y croire. Les aurores boréales ne donnent pas d'images de synthèse, ni la vue en 3D. Les aurores boréales sont bien réelles, pas les icebergs.
La veille, c'était comme un champs de masses souriantes. Je ne sais pas comment vous le dire mais c'était comme un champs de masses souriantes. On était tous là, pas main dans la main, à se pencher pour capter des bouts d'univers, des bouts de semblant, des bout d'iceberg en poudre. C'était pas mal étrange toutes ces étoiles, je dirai même que c'était pas normal. Comment tout un bout d'iceberg présenté comme ça sur la table, empilé entre deux cartes plastiques nets qui tasse bien les bouts, peut rendre les choses si peu claires?!
La veille, je le répète, c'était si peu clair que même le jour c'était barré. Plus rien à foutre. Casse toi, c'est déjà assez comme ça. On ne va pas ajouter du beau dans tout ça, alors pourvu que ça reste en pleine « noirceur ». Les bouts d'iceberg en poudre ont bien trop de couleurs...
Et moi, dans tout ça, la face contre les couleurs électriques, je guidais des formes pixels, des formes neutres, limite sans cœur ni âme. La face bien en parallèle, je suis tout ce qui bouge.
Et ce ne sont pas des aurores boréales. Non.
Ce ne sont pas des aurores boréales, toutes ces poussières d'iceberg en suspens.
Ils sont tombés dans le piège en croyant y croire. Les aurores boréales ne donnent pas d'images de synthèse, ni la vue en 3D. Les aurores boréales sont bien réelles, pas les icebergs.
mercredi 5 mai 2010
Tempête d'icebergs
Mais alors, qu'est ce que ça peut faire d'être tout seul au milieu d'une pièce, avec le frigo au loin qui ronronne, des oiseaux hurlant dans la nuit et un couple d'allemands qui baisent tout en hauteur, comme pour faire semblant de ne pas se faire entendre?
J'ai croisé la putain de tempête, tu sais, celle d'un grand iceberg qui n'a pas cessé de se décomposer comme un fou, comme un dingue, comme un allumé du scalp. Lui il en faisait du vent que même tes os n'auraient pas tenus, ils auraient été refroidi tes os, ce serait devenu tout un tas de moisi-sec. Oh et puis merde, je n'allais pas planter ma tente là-dedans, dans ce blanc d'iceberg, ce serait dégueulasse.
Alors j'ai continué sans les yeux. Je me suis repris une bonne dose de BIPBOP glacé bien assis dans le truck, et je suis resté avec le Québécois et sa Québécoise et toute la clique. MANITOBA SASKATCHEWAN LEBIGOUANE et sans plus discuter je me suis couché endormi sur la route. C'est comme ça.
Et durant tout ce sommeil des yeux ouverts, il y a eu des étendus étendues à perte de vue. Du plat comme jamais, des plaines quasi morte et qui crient "LIVING LIGHTS IN SKIES!", elles crient mais y a rien qui sort. Du silence par milliers!
"Il l'a niquée!" j'ai entendu. "Il l'a niquée!" ça a craqué comme craquait la tempête de neige du grand SASKATCHEWAN, comme aux abords de Saskatoon.
Alors je me souviens: du vide comme une bouteille à la mer, je ne pouvais plus lancer mon regard au loin, car qu'importe l'ancre où je la mettais, je voyais la même chose... du bruit en suspens.
J'ai échoué sur les bords de la grande plaine. A Edmonton. Dans un îlot à la française. Où l'on sniffe de la coke en cachette. Où il y a ce couple d'Allemands volontaires, adroits et polies, qui niquent sans faire de bruit. Comme une collision d'icebergs, un putain de bordel en fusion qui fait fondre tranquillement une montagne de blanc.
A Edmonton, la neige a fondu après la tempête.
J'ai croisé la putain de tempête, tu sais, celle d'un grand iceberg qui n'a pas cessé de se décomposer comme un fou, comme un dingue, comme un allumé du scalp. Lui il en faisait du vent que même tes os n'auraient pas tenus, ils auraient été refroidi tes os, ce serait devenu tout un tas de moisi-sec. Oh et puis merde, je n'allais pas planter ma tente là-dedans, dans ce blanc d'iceberg, ce serait dégueulasse.
Alors j'ai continué sans les yeux. Je me suis repris une bonne dose de BIPBOP glacé bien assis dans le truck, et je suis resté avec le Québécois et sa Québécoise et toute la clique. MANITOBA SASKATCHEWAN LEBIGOUANE et sans plus discuter je me suis couché endormi sur la route. C'est comme ça.
Et durant tout ce sommeil des yeux ouverts, il y a eu des étendus étendues à perte de vue. Du plat comme jamais, des plaines quasi morte et qui crient "LIVING LIGHTS IN SKIES!", elles crient mais y a rien qui sort. Du silence par milliers!
"Il l'a niquée!" j'ai entendu. "Il l'a niquée!" ça a craqué comme craquait la tempête de neige du grand SASKATCHEWAN, comme aux abords de Saskatoon.
Alors je me souviens: du vide comme une bouteille à la mer, je ne pouvais plus lancer mon regard au loin, car qu'importe l'ancre où je la mettais, je voyais la même chose... du bruit en suspens.
J'ai échoué sur les bords de la grande plaine. A Edmonton. Dans un îlot à la française. Où l'on sniffe de la coke en cachette. Où il y a ce couple d'Allemands volontaires, adroits et polies, qui niquent sans faire de bruit. Comme une collision d'icebergs, un putain de bordel en fusion qui fait fondre tranquillement une montagne de blanc.
A Edmonton, la neige a fondu après la tempête.
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