J'ai le crâne en vrac; avec des tonnes d'aiguilles qui n'arrivent plus à faire le tour du cadran. Je suis bloqué quelque part. L'heure n'a plus d'heure, j'ai dérapé contre le bord, je suis hors montre.
A Montréal, après avoir balancé Y A PLUS D'HISTOIRE!, voilà que je me rends compte que le présent est totalement décalé. Je suis déjà à 6 heures devant moi. Il y en a qui disent que c'est le décalage horaire mais non (NON!), c'est bien autre chose.
C'est à cause des rues. Ces rues si élancées que les quelques pas que je faisais avant se transforment en grandes odyssées, de véritables épopées avec des tas d'embuches: les trucks immenses, les gratte ciel (ces tours sans tête) et les gens avec leur accent. Alors forcément, avec l'espace qui se dilate, le temps l'imite et m'agace. Je suis déjà à 6 heures devant moi.
C'est comme si j'avais gagné 6 heures de vie. Mais 6 heures en trop plein...
J'étais complètement déboussolé devant la police: un gars et une femme en uniforme. Ils m'ont demandé comment j'allais. Très polis avec des VEUILLEZ NOUS EXCUSER. Il y a eu un vol dans le dortoir orange, là où je séjourne dans ce Vieux-Montréal, et j'étais la dernière personne à avoir fréquenté les lieux. Alors j'étais le principal suspect.
Mais je ne comprenais pas tout. HEIN?! C'EST QUOI CETTE HISTOIRE?! Un vol dans le dortoir, un porte feuille volé, des billets de banque volés, et un gars secoué par la peur ou autre chose (je ne sais pas moi, je suis décalé).
MAIS VOUS NE SAVEZ PAS QUE JE SUIS DÉCALÉ?! A QUELLE HEURE JE ME SUIS RENDU DANS LE DORTOIR?! IL Y A BIEN UNE ÉTERNITÉ, NON?
Étrange tout ça, c'est bien étrange toutes ces choses qui se font la malle, qui se barrent sans qu'on ne sache où et comment, pourquoi, avec qui et quoi...
Mais qu'est ce que j'ai bien fait de ces heures perdues, calice??
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