Dis! tu n'as jamais été à ce stade critique, de non retour, au moment où ce que tu planifiais, ce que tu fantasmais, à la limite du rêve, est sur le point de se réaliser?
Avec des bouts de papiers, juste assez pour tenir debout quelques temps, demeurer en vie le temps de faire son trou?
J'ai tous les tickets pour y aller, là-bas, au Canada, à ce tas d'édifices en icebergs vivants.
Il paraît que, là-bas, le ciel est en vie et qu'il y a de la couleur partout partout, et même que ça ne fait pas de bruit, que ça ne fait pas de vague, que ça reste tout tranquille et qu'on reste là à observer, le temps que ça se passe.
Je parle des aurores boréales.
Il paraît même que, là-bas, la terre est tellement vierge qu'elle n'a pas de couleur et que le blanc recouvre partout partout sans bosse ni rien, qu'il y a des étendues de fou furieux à parte de vue, des lacs gelés, des putains d'icebergs plats comme on en n'a jamais crées.
Je parle des plaines, au centre de là-bas.
Et depuis que j'ai tous les tickets pour m'aventurer là-bas, je sens le rêve, le fantasme, le plan (ou appelle-le comme tu veux), qui me culbute et qui me dit HE J'EXISTE BORDEL!! Alors faut me comprendre, je ne suis plus trop moi-même ces derniers temps.
Je colle des joints dans une usine de portes. De portes! Pff... avec des poisseux de la gâchette, un cramé du crâne qui à la moindre secousse éclate et profite de mettre des coups de poings. Un violent de l'ultra violence. Il me conte ces contes de jeunes gosses en perte de repère, de coups de fusils à pompe un peu perdus dans la foule.
C'est un véritable cauchemar!
Mais j'ai les tickets pour la grande traversée. Enjamber un putain de rêve, de fantasme ou de plan, appelle le comme tu veux, c'est pas rien!
Je t'imagine avec tes tickets à la main, bien serrés dans ta petite main !! Hé tu vas pouvoir bientôt leur claquer la porte au nez ? Ce sera un beau jour ce jour là, je sens que t'en as marre.
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