lundi 11 janvier 2010

Rêves d'iceberg

Il y a un iceberg écrabouillé dans le jardin, et sur les arbres, et sur les toits, et sur tout le silence autour. C'est comme une couverture qui inonde de silence tout ce qu'elle touche, tout ce qu'elle boit.
J'ai posé quelques pas, dans cet étendu d'iceberg pulvérisé, et je me suis pris pour le premier homme du monde qui a marché sur la lune, ou ailleurs, qu'importe le sol. C'était un nouveau monde, une voix rassurante qui me disait: ÇA Y EST! ON RECOMMENCE TOUT! Y'A TOUT A FAIRE MAINTENANT!
Il n'y avait plus de route, c'était blanc. Il n'y avait plus de maison, c'était blanc. Il n'y avait plus de végétation, c'était blanc aussi. L'iceberg avait tout ramolli les couleurs.
Je me croyais dans un épisode d'X-files, tu sais, quand l'agent Mulder reste béat devant une étendue de lumière blanche, éblouissante, qui décrépitent les rétines et qui font voir des formes extra-terrestres. J'ai vu tout ça.
J'ai vu des formes venues d'ailleurs. Des putains de rêves, des flots d'icebergs m'envahir tout le corps, jusqu'à la moelle et qui piquent, qui piquent tout l'épiderme. J'avais froid, bordel! J'ai vu des putains de rêves qui ne s'asséchaient plus à l'air libre, ils ne se déshydrataient plus comme des fruits secs, rassis, pour la première fois de ma vie ils étaient tout secs. J'ai vu des pruneaux éclore à la place de fruits juteux, ils étaient déjà ridés. Ça doit être la faute aux icebergs venus du ciel, oui, ça doit être de leur faute.
Non, j'ai vu des putains de rêves tomber du ciel, des boules blanches comme le néant sortir des nuages, comme un hiver au goût de fin de guerre nucléaire, toute épicée.
Et ils ont disparu, d'un coup, en entrant à travers les fissures, par les joints de la terre et HOP ils ont disparu.