Je suis épuisé par tout ce soleil qui ne finit pas de rester éveiller. Les jours sont longs longs et encore on me dit que c'est pas pire que plutard TU VERRAS!
Je suis en quête d'un espace vital pour rester dans la nuit, mais c'est long long à Whitehorse car tout le monde cherche un coin de nuit pour l'été. Il n'y a plus de chambre de libre, et les quelques restantes sont submergées de monde. Alors je reste sous la tente, toutes les nuits qui se transforment en jours. Quant aux jours, ils restent toujours jours.
Puis j'ai rencontré ce couple. Le gars est un prédateur, il me l'a dit, il est comme ça, au moindre affût de tout. Il veut monter son propre business, il veut être indépendant. Il est monté dans le nord parce qu'ailleurs ce n'est plus trop bleue la vie. Il m'a montré des tonnes et des tonnes de papiers pour dire IL FAUT ALLER DANS LES MINES D'OR, DE JADE, DE DIAMANTS et toutes les autres pierres convoitées. Alors j'ai pris toute la doc', et je pense... moi dans les mines d'or, ou ailleurs dans les mines... Il me voit là-dedans, dans les mines...
Hier j'ai croisé l'autre fou du camping, tandis que je m'apprêtais à passer une nuit blanche de soleil, il est venu me voir et m'a invité à prendre une bière. Marcus, c'est son nom, tout simplement. Un Hollandais fou du scalp. Lui, ce n'est pas dans les mines qu'il me voit. NON! TOI, TU DEVRAIS ALLER DANS LA GALERIE D'ART SITUÉE A 10 KILOMÈTRES D'ICI, IL FONT UN RESTAURANT ET ILS ONT BESOIN DE BRAS... ET ILS ONT UNE JOLIE FILLE DE TON AGE. Bref, voilà le tableau...
Et je sens que chacun voit un putain d'avenir à ma porté, comme si on s'autorisait à rêver pour les autres. Hé toi! Le nouveau! Viens-t-en là, j'm'en vas te raconter ton rêve, gars!
Mais pour l'instant, je me balance entre les rues de Whitehorse, à la recherche d'un spot pour m'échapper du soleil de minuit qui me fait tourner le scalp.
mardi 18 mai 2010
Le Cheval Blanc
Je dois avoir des problèmes de vue parce que les routes sont des autoroutes, les maisons sont des villas, les "King Size" sont des "Huge Size" ou quelque chose dans le genre.
Les icebergs qui longeaient la route, bien tranquillement, m'ont dilaté la boîte crânienne, si bien que mon appareil photographique biologique n'a plus assez de place pour tout photographier.
La première fois que je suis entré dans Whitehorse, j'ai cru à un rapt par les icebergs. Tout le monde s'était échappé, ou perdu, ou égaré, ou pire, disparu. Les rues "Huge Size" ne rejetaient pas l'écho de mes pas. Il n'y avait que l'ombre de MON GROS SAC. Il n'y avait que les icebergs autour, ces montagnes de blanc où coulait parfois de grands traits marrons. Dans le vide de la ville, LE SILENCE EST TROP GRAND AUSSI!!
Alors je me suis pointé à l'auberge où un chuchotement m'a pris par les sentiments, une voix de vieille femme toute laide pour me présenter une paillasse pour les jours à venir. J'ai dormi comme un boulet.
Le lendemain, les rues "Huge Size" étaient comme la veille. Ce n'était pas un rêve. Mais un gars barbu, style trappeur né des bois profond, s'était égaré au hasard d'une ballade avec ses chiens de traîneau.
- Comment tu t'appelles?
- Yann. Et toi?
Je lui ai dit comment je m'appelais à l'époque, et c'est là qu'il a déballé toute sa vie: perdu dans le Yukon pour bosser dans les chenils de traineaux, rencontre d'une Manitobienne francophone délicieuse parce qu'ELLE AVAIT UN ACCENT SUBLIIIIME, des histoires avec la police en Inde, ou bien la fois où il a vécu dans une tente de trappeur tout un hiver. Ouais... c'est un peu près tout...
Alors coup sur coup on a levé nos coudes au comptoir du "Gold Rush" façon bar-saloon country musique en live direct depuis la scène, avec chouette mannequin à la flûte et vieux grisonnant de la barde au banjo. Quant au mec à la guitare, il chantait comme un gars qui chante. Tout simplement.
Les icebergs n'ont pas tout fait disparaître. La vie s'est cachée et il faut aller la chercher, un peu plus en-dessous que la normale. Whitehorse sort de l'hiver comme si elle avait succombé à un tsunami.
Les icebergs qui longeaient la route, bien tranquillement, m'ont dilaté la boîte crânienne, si bien que mon appareil photographique biologique n'a plus assez de place pour tout photographier.
La première fois que je suis entré dans Whitehorse, j'ai cru à un rapt par les icebergs. Tout le monde s'était échappé, ou perdu, ou égaré, ou pire, disparu. Les rues "Huge Size" ne rejetaient pas l'écho de mes pas. Il n'y avait que l'ombre de MON GROS SAC. Il n'y avait que les icebergs autour, ces montagnes de blanc où coulait parfois de grands traits marrons. Dans le vide de la ville, LE SILENCE EST TROP GRAND AUSSI!!
Alors je me suis pointé à l'auberge où un chuchotement m'a pris par les sentiments, une voix de vieille femme toute laide pour me présenter une paillasse pour les jours à venir. J'ai dormi comme un boulet.
Le lendemain, les rues "Huge Size" étaient comme la veille. Ce n'était pas un rêve. Mais un gars barbu, style trappeur né des bois profond, s'était égaré au hasard d'une ballade avec ses chiens de traîneau.
- Comment tu t'appelles?
- Yann. Et toi?
Je lui ai dit comment je m'appelais à l'époque, et c'est là qu'il a déballé toute sa vie: perdu dans le Yukon pour bosser dans les chenils de traineaux, rencontre d'une Manitobienne francophone délicieuse parce qu'ELLE AVAIT UN ACCENT SUBLIIIIME, des histoires avec la police en Inde, ou bien la fois où il a vécu dans une tente de trappeur tout un hiver. Ouais... c'est un peu près tout...
Alors coup sur coup on a levé nos coudes au comptoir du "Gold Rush" façon bar-saloon country musique en live direct depuis la scène, avec chouette mannequin à la flûte et vieux grisonnant de la barde au banjo. Quant au mec à la guitare, il chantait comme un gars qui chante. Tout simplement.
Les icebergs n'ont pas tout fait disparaître. La vie s'est cachée et il faut aller la chercher, un peu plus en-dessous que la normale. Whitehorse sort de l'hiver comme si elle avait succombé à un tsunami.
samedi 8 mai 2010
De la poussière d'iceberg
On est tous dérangés du ciboulot, dès le matin avec les urgences du matin, ce qui implique le remplissage de tasse et autres récipients, une véritable armada de contenants qui se présente au garde à vous. Alors il y a des étoiles qui s'échappe, comme ça, d'un coup mais progressivement. C'est le matin, et quand c'est le matin avec tout ce qu'il faut pour être dérangé du ciboulot, il ne faut pas en demander trop.
La veille, c'était comme un champs de masses souriantes. Je ne sais pas comment vous le dire mais c'était comme un champs de masses souriantes. On était tous là, pas main dans la main, à se pencher pour capter des bouts d'univers, des bouts de semblant, des bout d'iceberg en poudre. C'était pas mal étrange toutes ces étoiles, je dirai même que c'était pas normal. Comment tout un bout d'iceberg présenté comme ça sur la table, empilé entre deux cartes plastiques nets qui tasse bien les bouts, peut rendre les choses si peu claires?!
La veille, je le répète, c'était si peu clair que même le jour c'était barré. Plus rien à foutre. Casse toi, c'est déjà assez comme ça. On ne va pas ajouter du beau dans tout ça, alors pourvu que ça reste en pleine « noirceur ». Les bouts d'iceberg en poudre ont bien trop de couleurs...
Et moi, dans tout ça, la face contre les couleurs électriques, je guidais des formes pixels, des formes neutres, limite sans cœur ni âme. La face bien en parallèle, je suis tout ce qui bouge.
Et ce ne sont pas des aurores boréales. Non.
Ce ne sont pas des aurores boréales, toutes ces poussières d'iceberg en suspens.
Ils sont tombés dans le piège en croyant y croire. Les aurores boréales ne donnent pas d'images de synthèse, ni la vue en 3D. Les aurores boréales sont bien réelles, pas les icebergs.
La veille, c'était comme un champs de masses souriantes. Je ne sais pas comment vous le dire mais c'était comme un champs de masses souriantes. On était tous là, pas main dans la main, à se pencher pour capter des bouts d'univers, des bouts de semblant, des bout d'iceberg en poudre. C'était pas mal étrange toutes ces étoiles, je dirai même que c'était pas normal. Comment tout un bout d'iceberg présenté comme ça sur la table, empilé entre deux cartes plastiques nets qui tasse bien les bouts, peut rendre les choses si peu claires?!
La veille, je le répète, c'était si peu clair que même le jour c'était barré. Plus rien à foutre. Casse toi, c'est déjà assez comme ça. On ne va pas ajouter du beau dans tout ça, alors pourvu que ça reste en pleine « noirceur ». Les bouts d'iceberg en poudre ont bien trop de couleurs...
Et moi, dans tout ça, la face contre les couleurs électriques, je guidais des formes pixels, des formes neutres, limite sans cœur ni âme. La face bien en parallèle, je suis tout ce qui bouge.
Et ce ne sont pas des aurores boréales. Non.
Ce ne sont pas des aurores boréales, toutes ces poussières d'iceberg en suspens.
Ils sont tombés dans le piège en croyant y croire. Les aurores boréales ne donnent pas d'images de synthèse, ni la vue en 3D. Les aurores boréales sont bien réelles, pas les icebergs.
mercredi 5 mai 2010
Tempête d'icebergs
Mais alors, qu'est ce que ça peut faire d'être tout seul au milieu d'une pièce, avec le frigo au loin qui ronronne, des oiseaux hurlant dans la nuit et un couple d'allemands qui baisent tout en hauteur, comme pour faire semblant de ne pas se faire entendre?
J'ai croisé la putain de tempête, tu sais, celle d'un grand iceberg qui n'a pas cessé de se décomposer comme un fou, comme un dingue, comme un allumé du scalp. Lui il en faisait du vent que même tes os n'auraient pas tenus, ils auraient été refroidi tes os, ce serait devenu tout un tas de moisi-sec. Oh et puis merde, je n'allais pas planter ma tente là-dedans, dans ce blanc d'iceberg, ce serait dégueulasse.
Alors j'ai continué sans les yeux. Je me suis repris une bonne dose de BIPBOP glacé bien assis dans le truck, et je suis resté avec le Québécois et sa Québécoise et toute la clique. MANITOBA SASKATCHEWAN LEBIGOUANE et sans plus discuter je me suis couché endormi sur la route. C'est comme ça.
Et durant tout ce sommeil des yeux ouverts, il y a eu des étendus étendues à perte de vue. Du plat comme jamais, des plaines quasi morte et qui crient "LIVING LIGHTS IN SKIES!", elles crient mais y a rien qui sort. Du silence par milliers!
"Il l'a niquée!" j'ai entendu. "Il l'a niquée!" ça a craqué comme craquait la tempête de neige du grand SASKATCHEWAN, comme aux abords de Saskatoon.
Alors je me souviens: du vide comme une bouteille à la mer, je ne pouvais plus lancer mon regard au loin, car qu'importe l'ancre où je la mettais, je voyais la même chose... du bruit en suspens.
J'ai échoué sur les bords de la grande plaine. A Edmonton. Dans un îlot à la française. Où l'on sniffe de la coke en cachette. Où il y a ce couple d'Allemands volontaires, adroits et polies, qui niquent sans faire de bruit. Comme une collision d'icebergs, un putain de bordel en fusion qui fait fondre tranquillement une montagne de blanc.
A Edmonton, la neige a fondu après la tempête.
J'ai croisé la putain de tempête, tu sais, celle d'un grand iceberg qui n'a pas cessé de se décomposer comme un fou, comme un dingue, comme un allumé du scalp. Lui il en faisait du vent que même tes os n'auraient pas tenus, ils auraient été refroidi tes os, ce serait devenu tout un tas de moisi-sec. Oh et puis merde, je n'allais pas planter ma tente là-dedans, dans ce blanc d'iceberg, ce serait dégueulasse.
Alors j'ai continué sans les yeux. Je me suis repris une bonne dose de BIPBOP glacé bien assis dans le truck, et je suis resté avec le Québécois et sa Québécoise et toute la clique. MANITOBA SASKATCHEWAN LEBIGOUANE et sans plus discuter je me suis couché endormi sur la route. C'est comme ça.
Et durant tout ce sommeil des yeux ouverts, il y a eu des étendus étendues à perte de vue. Du plat comme jamais, des plaines quasi morte et qui crient "LIVING LIGHTS IN SKIES!", elles crient mais y a rien qui sort. Du silence par milliers!
"Il l'a niquée!" j'ai entendu. "Il l'a niquée!" ça a craqué comme craquait la tempête de neige du grand SASKATCHEWAN, comme aux abords de Saskatoon.
Alors je me souviens: du vide comme une bouteille à la mer, je ne pouvais plus lancer mon regard au loin, car qu'importe l'ancre où je la mettais, je voyais la même chose... du bruit en suspens.
J'ai échoué sur les bords de la grande plaine. A Edmonton. Dans un îlot à la française. Où l'on sniffe de la coke en cachette. Où il y a ce couple d'Allemands volontaires, adroits et polies, qui niquent sans faire de bruit. Comme une collision d'icebergs, un putain de bordel en fusion qui fait fondre tranquillement une montagne de blanc.
A Edmonton, la neige a fondu après la tempête.
mercredi 28 avril 2010
Départ en suspens
Hey! Mister Iceberg! Qu'est ce que tu glandes depuis une semaine? Qu'est ce que tu as vu, qu'est ce que tu as entendu? C'est comment là-bas, sur le sol du Nouveau Monde, avec ses milliards d'étincelles comme celles que tu croyais depuis l'autre côté? Est-ce que c'est comme tu l'avais imaginé, de belles choses?
Je reste sur le point fixe, le point de départ. Pourtant j'ai arpenté toutes les longues rues de la ville. C'est sans fin. Sans fin. Comme un dépliant qui ne cesse de se déplier sans toucher le sol, ça ne s'arrête pas et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Je demeure au point fixe, avec des tonnes de trucs à faire en perspective.
Je n'arrive pas à décoller les pieds et me dire que L'OUEST C'EST POUR BIENTÔT! Non, je me dis que Montréal rime avec Idéal, alors j'oublie peu à peu le grand ouest et tous les clichés de coureurs des bois.
Je suis calfeutré chez Anna, la Québécoise aux multiples sourires. Et tellement qu'elle sourit que je n'arrive pas à dormir, et elle non plus. A force de me voir la regarder comme un OVNI qui reste, elle ne dort plus et boit mes paroles sans accent de fantaisie. TOUT CE QUE JE DIS EST DÉNUDÉ DE FANTAISIE!
Ça fait une semaine, bientôt, que je squatte les murs de la Québécoise... et j'en oublie de visiter l'ouest, repoussant à la journée suivante l'heure du grand départ, pour le grand ouest, parce que je suis bien dans cette grande ville.
La suite est à venir!
Je reste sur le point fixe, le point de départ. Pourtant j'ai arpenté toutes les longues rues de la ville. C'est sans fin. Sans fin. Comme un dépliant qui ne cesse de se déplier sans toucher le sol, ça ne s'arrête pas et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Je demeure au point fixe, avec des tonnes de trucs à faire en perspective.
Je n'arrive pas à décoller les pieds et me dire que L'OUEST C'EST POUR BIENTÔT! Non, je me dis que Montréal rime avec Idéal, alors j'oublie peu à peu le grand ouest et tous les clichés de coureurs des bois.
Je suis calfeutré chez Anna, la Québécoise aux multiples sourires. Et tellement qu'elle sourit que je n'arrive pas à dormir, et elle non plus. A force de me voir la regarder comme un OVNI qui reste, elle ne dort plus et boit mes paroles sans accent de fantaisie. TOUT CE QUE JE DIS EST DÉNUDÉ DE FANTAISIE!
Ça fait une semaine, bientôt, que je squatte les murs de la Québécoise... et j'en oublie de visiter l'ouest, repoussant à la journée suivante l'heure du grand départ, pour le grand ouest, parce que je suis bien dans cette grande ville.
La suite est à venir!
vendredi 23 avril 2010
Perte de temps
J'ai le crâne en vrac; avec des tonnes d'aiguilles qui n'arrivent plus à faire le tour du cadran. Je suis bloqué quelque part. L'heure n'a plus d'heure, j'ai dérapé contre le bord, je suis hors montre.
A Montréal, après avoir balancé Y A PLUS D'HISTOIRE!, voilà que je me rends compte que le présent est totalement décalé. Je suis déjà à 6 heures devant moi. Il y en a qui disent que c'est le décalage horaire mais non (NON!), c'est bien autre chose.
C'est à cause des rues. Ces rues si élancées que les quelques pas que je faisais avant se transforment en grandes odyssées, de véritables épopées avec des tas d'embuches: les trucks immenses, les gratte ciel (ces tours sans tête) et les gens avec leur accent. Alors forcément, avec l'espace qui se dilate, le temps l'imite et m'agace. Je suis déjà à 6 heures devant moi.
C'est comme si j'avais gagné 6 heures de vie. Mais 6 heures en trop plein...
J'étais complètement déboussolé devant la police: un gars et une femme en uniforme. Ils m'ont demandé comment j'allais. Très polis avec des VEUILLEZ NOUS EXCUSER. Il y a eu un vol dans le dortoir orange, là où je séjourne dans ce Vieux-Montréal, et j'étais la dernière personne à avoir fréquenté les lieux. Alors j'étais le principal suspect.
Mais je ne comprenais pas tout. HEIN?! C'EST QUOI CETTE HISTOIRE?! Un vol dans le dortoir, un porte feuille volé, des billets de banque volés, et un gars secoué par la peur ou autre chose (je ne sais pas moi, je suis décalé).
MAIS VOUS NE SAVEZ PAS QUE JE SUIS DÉCALÉ?! A QUELLE HEURE JE ME SUIS RENDU DANS LE DORTOIR?! IL Y A BIEN UNE ÉTERNITÉ, NON?
Étrange tout ça, c'est bien étrange toutes ces choses qui se font la malle, qui se barrent sans qu'on ne sache où et comment, pourquoi, avec qui et quoi...
Mais qu'est ce que j'ai bien fait de ces heures perdues, calice??
A Montréal, après avoir balancé Y A PLUS D'HISTOIRE!, voilà que je me rends compte que le présent est totalement décalé. Je suis déjà à 6 heures devant moi. Il y en a qui disent que c'est le décalage horaire mais non (NON!), c'est bien autre chose.
C'est à cause des rues. Ces rues si élancées que les quelques pas que je faisais avant se transforment en grandes odyssées, de véritables épopées avec des tas d'embuches: les trucks immenses, les gratte ciel (ces tours sans tête) et les gens avec leur accent. Alors forcément, avec l'espace qui se dilate, le temps l'imite et m'agace. Je suis déjà à 6 heures devant moi.
C'est comme si j'avais gagné 6 heures de vie. Mais 6 heures en trop plein...
J'étais complètement déboussolé devant la police: un gars et une femme en uniforme. Ils m'ont demandé comment j'allais. Très polis avec des VEUILLEZ NOUS EXCUSER. Il y a eu un vol dans le dortoir orange, là où je séjourne dans ce Vieux-Montréal, et j'étais la dernière personne à avoir fréquenté les lieux. Alors j'étais le principal suspect.
Mais je ne comprenais pas tout. HEIN?! C'EST QUOI CETTE HISTOIRE?! Un vol dans le dortoir, un porte feuille volé, des billets de banque volés, et un gars secoué par la peur ou autre chose (je ne sais pas moi, je suis décalé).
MAIS VOUS NE SAVEZ PAS QUE JE SUIS DÉCALÉ?! A QUELLE HEURE JE ME SUIS RENDU DANS LE DORTOIR?! IL Y A BIEN UNE ÉTERNITÉ, NON?
Étrange tout ça, c'est bien étrange toutes ces choses qui se font la malle, qui se barrent sans qu'on ne sache où et comment, pourquoi, avec qui et quoi...
Mais qu'est ce que j'ai bien fait de ces heures perdues, calice??
jeudi 22 avril 2010
Premiers pas à Montréal

Il a fallu qu'il pleuve des avions, ce jour-là, ce mercredi 21 avril 2010, pour que je puisse enfin mettre un pied sur le sol canadien. Et ça demeure une rude affaire, tout ça. Avec des heures arrachées du sommeil, je comate entre les rues immenses. J'ai déambulé sans savoir où j'allais exactement, mais il y avait toujours un nord, un est, un ouest et un sud, sur tout le chemin en mode aléatoire. J'ai déambulé comme jamais je n'avais déambulé. C'était de la folie dans tout ce quadrillage de rue: des gratte-ciel, des vieilles maisons toute défraichies, des building haut standing qui surplombent le "Vieux-Montréal".
Justement, à propos de la vieillesse auto-proclamée dans le nom de "Vieux-Montréal", je n'ai vu que des stalagmites de pures modernité, un manque d'histoire déroutant, pour moi qui ais quitté l'Europe, la "Vieille Europe" et toute l'Histoire autour. A Paris, j'avais vu toutes les batailles de ces 500 derniers siècles. A Bruxelles, j'avais vu toutes les chutes et toutes les rechutes, et toutes les gloires des différentes jeunesses passées. Là-bas j'ai tout vu, tout. Avec des kilomètres et des kilomètres de vieilles bâtisses comme jamais on en fait maintenant. Je pouvais lire dans ces villes comme un géologue examinant les différentes couches d'une falaise. Ça parle beaucoup.
Mais ici, à Montréal, et plus précisément dans le "Vieux-Montréal", il n'y a rien de tout ça. Je ne lis rien. Rien du tout. Rien n'a pu exister avant, c'est tout neuf. Ça sent la javel. Alors je me sens perdu. Perdu au milieu d'un trou qui ne comprend que le présent (et éventuellement un petit bout de passé, on va être sympa, hein!).
Alors je suis monté sur le Mont Royal, cette colline qui domine toute la ville, cette colline qui arrive à dépasser tout ça, tous les gratte ciel et les bâtisses. Elle se montre, elle. Elle est là et elle me balance "HEY MON GARS! J'AI TOUJOURS ÉTÉ LA, MOI!! (ajoutez y l'accent québécois à tout ça, je n'en suis pas capable).
Alors je suis monté sur le Mont Royal. C'était un après-midi plutôt ensoleillé. Petit vent d'ailleurs frais.
Et en haut de la colline, une plaque de bronze: "Jacques Cartier est monté sur le Mont Royal dès son arrivée, avec l'aide des tribus autochtones. Arrivé au sommet, il a été ébloui par la beauté du paysage: c'est alors qu'il a nommé cette colline le Mont Royal, et la ville Montréal"
mardi 6 avril 2010
Festival!

Il ne me reste plus que deux semaines et j'ignore encore quel jour exactement je pars en stop de la maison. Car il y a Paris avant... et quelques chouettes endroits que je veux revoir, histoire de me dire que c'est quand même beau la France.
J'ai surfé sur la vague musicale ce weekend, le dernier entouré de tout un tas de potes, de quelques amis, de connaissances, de nouvelles têtes souriantes et pleines de délires. Je rentre du Garorock, à Marmandes.
C'était tout ce que j'espèrais, avec un peu de pluie. Du coup, sous un abri au sac en attendant la fin des déluges qui s'amassaient de temps en temps dans ce champs de boue. C'était bon!
Sous hallu de champi bien concentrés, je me suis perdu dans une forêt de fougères qui ne cessait de pousser pousser comme des folles folles. C'était bon de sentir dans les paumes toutes ces énergies tranquilles, et mon corps se mouvait comme des vagues, j'étais la souplesse, la fibre vibrante, l'ondulation de la plus belle espèce de plante du monde entier. J'appartenais à la terre, avec toute cette boue et cette musique BOUM BOUM comme le sommet du cœur. J'étais en vie, avec toute la vie autour! J'étais dans l'élément, en parfaite symbiose avec toute la vie autour. La vie. La vie tout autour. En parfaite symbiose...
Puis il y a eu les concerts, les scènes pleines de cheveux qui bougent, pleines de spasmes et de tranquilles folies. ALBOROSIE. DE LA SOUL. SEPULTURA.
ZENZILE. Ou de la dub comme l'effet de ces champi allumés. Ou la réincarnation de l'effet vitale sous forme musicale. C'était AMAZING!! OH MY GOD!! Un coup de détente à faire péter Mister Iceberg et tous les édifices de glace, c'était une éruption d'iceberg en fusion!!
dimanche 28 mars 2010
Fin de folie

J'ai repris le cours de mes pensées, la grande ligne qui est là, comme une ligne à haute tension, avec pleine d'électricité dedans, de l'électricité comme jamais il y en a eu, mais attention (attention!) il n'y aura pas de court-circuit, pas de survoltage, pas de dérapage. Ça n'a rien à voir avec tout ce qui a pu avoir auparavant, les fois où je croyais aux grandes épopées, aux grands voyage de fous dingues déglingués du ciboulots. Car cette foi-là, j'ai tout compris, tout (tout!).
Ou presque. Je ne suis pas divin. Encore moins savant.
Si j'y vais, c'est que je n'y vais pas. Alors j'y vais. Mais j'y vais pas... coups de tchou-tchou dans ma vieille machine à vapeur, celle du ciboulot et de la boîte à nuages, pleines de rêves (car les rêves sont toujours dans les nuages...).
Un truc de dingue fou furieux déglingué du ciboulot. Je me suis libéré des lambeaux d'usine qui me commençaient à me colmater sur la peau. Ouff... je reprends le cours de mes pensées. Je reprends le contrôle de ma satanée machine de merde de ciboulot déglingué. Ouff...A coups de verres divins comme le vin, et de bonne bouffe à la française. Je reprends le cours de mes rêves...
Au revoir les joints... (à suivre tout de même car, déglingué du ciboulot que je suis, j'ai des tas de choses à dire, encore (encore!!)
lundi 15 mars 2010
Et la création là-dedans?

Tu vois, je ne sais pas pourquoi je suis là, en train de coller des joints sur des bouts de bois et pourtant je laisse couler, couler le temps et je ne m'occupe de plus rien du tout.
J'ai appris à poser mon cerveau par terre. Ou bien j'ai appris à l'oublier à la maison, quoique les soirs sont très très difficiles pour la gymnastique intellectuelle. Je ne suis plus foutu de lire des livres, ni même des articles ou... qu'importe! ce n'est pas là le problème!
Tu vois, je me pose encore ces interminables questions, qui reviennent comme des boomerangs et qui bang! dans la gueule comme des vieux retours, de vieux relents d'ail ou quelque chose comme ça. C'est pas agréable, tu vois! Pas du tout même. Alors je mets ma cervelle de côté et je me tire dans les écrans télévisuels, où franchement je campe superbement bien. J'ai chaud au moins, tu vois. Et je m'amarre jusqu'au doux dodo... jusqu'au réveil sonnant qui me tire du bed.
Elle est où la création dans ma vie maintenant?
Je colle des joints et j'attends que l'heure de la débauche sonne. Ces mêmes gestes machinalement jusqu'au couperet de la journée qui me dit: HEY MEC!! BARRE TOI DE LA!! Je colle des joints et j'attends. Et j'entends encore le gars de la Fenwick qui me balance avec un regard vitreux ÇA FAIT 17 ANS QUE JE SUIS DANS LA BOITE ET RIEN N'A CHANGE!!
Sans création, il n'y a plus de vie. C'est comme si on apprenait à l'homme de ne plus se reproduire. Calme plat et aucune vague sur l'horizon. C'est d'un ennui mortel!
samedi 13 mars 2010
I got the tickets!
Dis! tu n'as jamais été à ce stade critique, de non retour, au moment où ce que tu planifiais, ce que tu fantasmais, à la limite du rêve, est sur le point de se réaliser?
Avec des bouts de papiers, juste assez pour tenir debout quelques temps, demeurer en vie le temps de faire son trou?
J'ai tous les tickets pour y aller, là-bas, au Canada, à ce tas d'édifices en icebergs vivants.
Il paraît que, là-bas, le ciel est en vie et qu'il y a de la couleur partout partout, et même que ça ne fait pas de bruit, que ça ne fait pas de vague, que ça reste tout tranquille et qu'on reste là à observer, le temps que ça se passe.
Je parle des aurores boréales.
Il paraît même que, là-bas, la terre est tellement vierge qu'elle n'a pas de couleur et que le blanc recouvre partout partout sans bosse ni rien, qu'il y a des étendues de fou furieux à parte de vue, des lacs gelés, des putains d'icebergs plats comme on en n'a jamais crées.
Je parle des plaines, au centre de là-bas.
Et depuis que j'ai tous les tickets pour m'aventurer là-bas, je sens le rêve, le fantasme, le plan (ou appelle-le comme tu veux), qui me culbute et qui me dit HE J'EXISTE BORDEL!! Alors faut me comprendre, je ne suis plus trop moi-même ces derniers temps.
Je colle des joints dans une usine de portes. De portes! Pff... avec des poisseux de la gâchette, un cramé du crâne qui à la moindre secousse éclate et profite de mettre des coups de poings. Un violent de l'ultra violence. Il me conte ces contes de jeunes gosses en perte de repère, de coups de fusils à pompe un peu perdus dans la foule.
C'est un véritable cauchemar!
Mais j'ai les tickets pour la grande traversée. Enjamber un putain de rêve, de fantasme ou de plan, appelle le comme tu veux, c'est pas rien!
Avec des bouts de papiers, juste assez pour tenir debout quelques temps, demeurer en vie le temps de faire son trou?
J'ai tous les tickets pour y aller, là-bas, au Canada, à ce tas d'édifices en icebergs vivants.
Il paraît que, là-bas, le ciel est en vie et qu'il y a de la couleur partout partout, et même que ça ne fait pas de bruit, que ça ne fait pas de vague, que ça reste tout tranquille et qu'on reste là à observer, le temps que ça se passe.
Je parle des aurores boréales.
Il paraît même que, là-bas, la terre est tellement vierge qu'elle n'a pas de couleur et que le blanc recouvre partout partout sans bosse ni rien, qu'il y a des étendues de fou furieux à parte de vue, des lacs gelés, des putains d'icebergs plats comme on en n'a jamais crées.
Je parle des plaines, au centre de là-bas.
Et depuis que j'ai tous les tickets pour m'aventurer là-bas, je sens le rêve, le fantasme, le plan (ou appelle-le comme tu veux), qui me culbute et qui me dit HE J'EXISTE BORDEL!! Alors faut me comprendre, je ne suis plus trop moi-même ces derniers temps.
Je colle des joints dans une usine de portes. De portes! Pff... avec des poisseux de la gâchette, un cramé du crâne qui à la moindre secousse éclate et profite de mettre des coups de poings. Un violent de l'ultra violence. Il me conte ces contes de jeunes gosses en perte de repère, de coups de fusils à pompe un peu perdus dans la foule.
C'est un véritable cauchemar!
Mais j'ai les tickets pour la grande traversée. Enjamber un putain de rêve, de fantasme ou de plan, appelle le comme tu veux, c'est pas rien!
dimanche 21 février 2010
Une soirée Rock and Boks!
J'ai fréquenté les hauts lieux de la luxure du samedi soir, avec fausses paillettes et grands bocks de bière, au comptoir de quelques minettes.
Sur fond de musique rock, d'un somptueux mélange de Bashung et de Cure, j'ai descendu des kilomètres de bocks.
Il y avait ces filles qui passaient, le doigt en l'air en quête de bock bien remplis:
-Tu viens du Pérou?!
- Ouais! Et ma grand-mère danse à poil sur le Michu Pichu, ma petite.
Et pas une pour continuer la conversation. J'étais dégouté mais amusé.
- Tu restes dans le coin?
- Mmmmh... ouais, si on veut. Je suis venu pour le concert. Ça dépote grave! Mais après je retourne au Pérou alors profites bien que je sois là...
Et elle ne sera même pas restée un peu plus longtemps, avec moi, au comptoir des bocks de bière. Elle est partie "devant, pour mieux voir".
J'ai passé une somptueux samedi soir, entouré de tous pleins de potes dépités à la bière sur fond de musique rock!
Même pas de sexe drugs and rock'r'oll à plein temps.
Sur fond de musique rock, d'un somptueux mélange de Bashung et de Cure, j'ai descendu des kilomètres de bocks.
Il y avait ces filles qui passaient, le doigt en l'air en quête de bock bien remplis:
-Tu viens du Pérou?!
- Ouais! Et ma grand-mère danse à poil sur le Michu Pichu, ma petite.
Et pas une pour continuer la conversation. J'étais dégouté mais amusé.
- Tu restes dans le coin?
- Mmmmh... ouais, si on veut. Je suis venu pour le concert. Ça dépote grave! Mais après je retourne au Pérou alors profites bien que je sois là...
Et elle ne sera même pas restée un peu plus longtemps, avec moi, au comptoir des bocks de bière. Elle est partie "devant, pour mieux voir".
J'ai passé une somptueux samedi soir, entouré de tous pleins de potes dépités à la bière sur fond de musique rock!
Même pas de sexe drugs and rock'r'oll à plein temps.
Le jour où j'ai cliqué sur la petite case VALIDER, je n'ai rien ressenti du tout. Ça aurait pu être autre chose, l'enjeu aurait pu être la validation d'un pizza en ligne. Et pourtant il s'agissait bien du ticket AIR TRANSAT, à bord d'un avion supersonique pour entailler l'atlantique. Ce putain terrain d'eau en mouvement!
A chaque trip, je me disais MAIS NON! C'EST PAS POSSIBLE, JE NE PEUX PAS ALLER PLUS LOIN VERS L'OUEST! J'Y SUIS DÉJÀ! Y'A LA MER, ET JE NE SAIS PAS MARCHER SUR L'EAU, JE N'AI ÉTÉ QUE DIEU QUAND JE FAISAIS DU PAIN INDUSTRIEL BORDEL!
Et cette fois-ci, ce sera possible. Franchir cet immense espace bleu se fera.
Je pars de Bruxelles. C'est la capitale de l'Europe, et moi, j'aime beaucoup l'Europe. Et je me dis qu'elle me manquera un peu tout de même. Alors Bruxelles semble un bon choix: je n'y suis jamais allé.
Je parle, je parle... mais je ne suis pas encore parti! Je n'ai pas encore mon assurance voyage qui va emputer d'une bonne partie mon compte en banque. Je n'ai pas encore ma liasse de dollars. Je n'ai rien encore...
A chaque trip, je me disais MAIS NON! C'EST PAS POSSIBLE, JE NE PEUX PAS ALLER PLUS LOIN VERS L'OUEST! J'Y SUIS DÉJÀ! Y'A LA MER, ET JE NE SAIS PAS MARCHER SUR L'EAU, JE N'AI ÉTÉ QUE DIEU QUAND JE FAISAIS DU PAIN INDUSTRIEL BORDEL!
Et cette fois-ci, ce sera possible. Franchir cet immense espace bleu se fera.
Je pars de Bruxelles. C'est la capitale de l'Europe, et moi, j'aime beaucoup l'Europe. Et je me dis qu'elle me manquera un peu tout de même. Alors Bruxelles semble un bon choix: je n'y suis jamais allé.
Je parle, je parle... mais je ne suis pas encore parti! Je n'ai pas encore mon assurance voyage qui va emputer d'une bonne partie mon compte en banque. Je n'ai pas encore ma liasse de dollars. Je n'ai rien encore...
lundi 11 janvier 2010
Rêves d'iceberg
Il y a un iceberg écrabouillé dans le jardin, et sur les arbres, et sur les toits, et sur tout le silence autour. C'est comme une couverture qui inonde de silence tout ce qu'elle touche, tout ce qu'elle boit.
J'ai posé quelques pas, dans cet étendu d'iceberg pulvérisé, et je me suis pris pour le premier homme du monde qui a marché sur la lune, ou ailleurs, qu'importe le sol. C'était un nouveau monde, une voix rassurante qui me disait: ÇA Y EST! ON RECOMMENCE TOUT! Y'A TOUT A FAIRE MAINTENANT!
Il n'y avait plus de route, c'était blanc. Il n'y avait plus de maison, c'était blanc. Il n'y avait plus de végétation, c'était blanc aussi. L'iceberg avait tout ramolli les couleurs.
Je me croyais dans un épisode d'X-files, tu sais, quand l'agent Mulder reste béat devant une étendue de lumière blanche, éblouissante, qui décrépitent les rétines et qui font voir des formes extra-terrestres. J'ai vu tout ça.
J'ai vu des formes venues d'ailleurs. Des putains de rêves, des flots d'icebergs m'envahir tout le corps, jusqu'à la moelle et qui piquent, qui piquent tout l'épiderme. J'avais froid, bordel! J'ai vu des putains de rêves qui ne s'asséchaient plus à l'air libre, ils ne se déshydrataient plus comme des fruits secs, rassis, pour la première fois de ma vie ils étaient tout secs. J'ai vu des pruneaux éclore à la place de fruits juteux, ils étaient déjà ridés. Ça doit être la faute aux icebergs venus du ciel, oui, ça doit être de leur faute.
Non, j'ai vu des putains de rêves tomber du ciel, des boules blanches comme le néant sortir des nuages, comme un hiver au goût de fin de guerre nucléaire, toute épicée.
Et ils ont disparu, d'un coup, en entrant à travers les fissures, par les joints de la terre et HOP ils ont disparu.
J'ai posé quelques pas, dans cet étendu d'iceberg pulvérisé, et je me suis pris pour le premier homme du monde qui a marché sur la lune, ou ailleurs, qu'importe le sol. C'était un nouveau monde, une voix rassurante qui me disait: ÇA Y EST! ON RECOMMENCE TOUT! Y'A TOUT A FAIRE MAINTENANT!
Il n'y avait plus de route, c'était blanc. Il n'y avait plus de maison, c'était blanc. Il n'y avait plus de végétation, c'était blanc aussi. L'iceberg avait tout ramolli les couleurs.
Je me croyais dans un épisode d'X-files, tu sais, quand l'agent Mulder reste béat devant une étendue de lumière blanche, éblouissante, qui décrépitent les rétines et qui font voir des formes extra-terrestres. J'ai vu tout ça.
J'ai vu des formes venues d'ailleurs. Des putains de rêves, des flots d'icebergs m'envahir tout le corps, jusqu'à la moelle et qui piquent, qui piquent tout l'épiderme. J'avais froid, bordel! J'ai vu des putains de rêves qui ne s'asséchaient plus à l'air libre, ils ne se déshydrataient plus comme des fruits secs, rassis, pour la première fois de ma vie ils étaient tout secs. J'ai vu des pruneaux éclore à la place de fruits juteux, ils étaient déjà ridés. Ça doit être la faute aux icebergs venus du ciel, oui, ça doit être de leur faute.
Non, j'ai vu des putains de rêves tomber du ciel, des boules blanches comme le néant sortir des nuages, comme un hiver au goût de fin de guerre nucléaire, toute épicée.
Et ils ont disparu, d'un coup, en entrant à travers les fissures, par les joints de la terre et HOP ils ont disparu.
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