jeudi 5 novembre 2009

Un grand soir...

C'était encore l'un de ces grands soirs, à tapoter sur ce foutu clavier sans couleur, devant cet écran sans couleur, et le bruit incessant de l'ordinateur. Et je me dis qu'il ne me reste plus que lui, l'ordi, pour supporter tous les coups. Je me dis qu'il ne me reste plus que lui, à l'ordi, pour frôler la folie qui me guette, toujours et encore car ce n'est pas la première fois, oh non, c'est encore l'un de ces grands soirs.

Mes journées ne sont pas très belles. Ça non. Elles sont les témoins d'une chute toute lente, sans style, ni manière. Une chute lente qui se fait en silence, dans l'espace bien carré de mon lit, sous les couvertures qui ne savent plus quoi couvrir. Et pourtant je n'ai pas froid, je crève de chaud. C'est une chute qui fait transpirer. Elle fait couler toute les sueurs de mon corps, en partant de la tête. Ces gouttes qui dégoulinent et qui touchent les cils, et qui stagnent là, un temps, comme des éclaireurs. Voilà, j'ai des sueurs éclaireuses, des sueurs qui profitent de l'absence de tout pour visiter le terrain et s'y plaire. Puis tout le reste se la ramène et me couvre. Alors je suis pris de frissons, de spasmes limites psychédéliques. En silence sous la couverture et le cadre du lit. Cette chaleur moite n'est pas sans conséquences. Ça non. Elle n'est pas sans conséquence. La télé est allumée, il y a des tonnes et des tonnes d'images qui défilent, droites comme des i, des images froides. Les pulsations de mon cœur s'accélèrent sans que je m'en rende compte. Ça fait partie de la chute, et les frissons n'arrangent rien à l'affaire. Il y a la belle présentatrice, il y a ses cheveux qui coulent sur ses seins et tout le reste. Puis un instant d'éclats d'obus, une fumée vagabonde qui va dans le ciel, une mer de plastique qui flotte, une éclipse dans les quatre coins du monde. Ma lampe de chevet est allumée aussi, elle m'aide à y voir plus claire dans tout ça mais ce n'est pas le cas. Disons que c'est une source rassurante, comme un oasis dans le rien.

Dans ces journées, il m'arrive de sauter en dehors de tout ça et d'arracher tout ce que j'ai dans le crâne. Je fais une bonne salade de pensées, de détritus, de choses qui n'en peuvent plus d'être. Alors je fonce sur l'ordinateur et je lui tape dessus. Le puching-ball de l'esprit. J'entends encore Hank me dire que POUR PLAIRE AUX FEMMES, JE TAPE! Ça défoule! Mais ces grands soirs comme celui-ci ne font pas de bien. J'ai beau taper et rien ne se passe, rien ne vient, à croire que lors de mes précédents combats j'ai tout cassé, et il ne me reste plus rien. Peut-être des ruines... des putains de ruines...

J'enregistre le tout. SANS NOM 1. Pas mal pour un titre de projet je me dis. Pas mal pour un début. Je ferme l'ordinateur, je le tue pour la énième fois.

Je sors en dehors de tout ça et me remplis un verre. L'espace est plus vaste, j'y respire mieux. On parle sur les ondes à la radio mais rien de bien intéressant.

3 commentaires:

  1. Mais au fond, pourquoi tu Restes?

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  2. J'écris... et comme rien ne sort et que j'ai quand même envie que ça sorte, je reste.

    C'est comme lorsque tu es constipé. Tu peux rester dans les chiottes sans succès, et pourtant tu y restes (Oui, bon, ça reste une comparaison, héhé).

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  3. Pas si mauvaise. C'est juste que ton texte m'a un peu foutu sur le cul. J4suis à Paris, ça fait dix jours et je suis PUTAIN de constipé. Je dois rester là jusqu'à Janvier, minimum et je n'arrive pas à faire sortir quoi que ce soit de productif ou de contre productif. C'est terrifiant. Et...pfff. Faudrait en parler. Faudrait, ouai, ouai, faudrait quoi. Aha!

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