dimanche 29 novembre 2009

Mach 2 passé

Votre demande a été acceptée aujourd'hui par l'Unité Mobilité des Jeunes.

Nous avons transmis votre dossier au Service Visas et Immigration pour la seconde étape de l'analyse. Si votre demande est acceptée par celui-ci, une lettre d'autorisation vous sera envoyée par courriel à l'adresse que vous avez indiquée sur votre formulaire. (Aucune copie papier ne vous sera envoyée.) N'oubliez pas de vérifier vos courriels indésirables.

Si votre demande est refusée par le Service Visas et Immigration, vous recevrez un courrier par voie postale expliquant les motifs du refus. L'Unité Mobilité des Jeunes vous remboursera les frais de participation que vous avez payés.

mercredi 25 novembre 2009

Accusé de réception

Ils ont reçu l'info. Pas de l'intox, juste l'info qui me permettra de franchir l'étape suivante: le pas sur l'autre continent.
L'ambassade m'a envoyé le reçu par informatique, sur la toile. Ça dit:

Nous accusons réception de votre demande de participation à la catégorie Vacances-Travail Canada-France 2010. Elle a été enregistrée à l'Unité Mobilité des Jeunes de l'Ambassade du Canada en France le 25/11/2009.

Nous étudierons votre dossier selon les instructions fournies dans la trousse de demande de participation et selon les éléments contenus dans l'Accord entre le Canada et la France relatif aux échanges de jeunes.

Les délais de traitement qui s’appliquent à votre dossier sont ceux affichés sur notre site le jour de la réception de votre demande.

Veuillez noter que nous ne répondrons à aucune demande concernant l’état de votre dossier pendant ces délais.


Rien de plus.
En attente, donc.

mardi 24 novembre 2009

Waintin' for "le Nouveau Monde"





Première étape, premier pas vers le Nouveau Monde. Un tas de papier mis sous enveloppe suivie, glissé dans une fente, un petit trou noir, bien aspiré et HOP! partie pour des tonnes de kilomètres sans moi.
J'ai envoyé un dossier bien compact, avec des tas de chiffres et des tas de lettres, des photos couleurs. C'est que, pour aller là-bas, il faut envoyer tout ça. Ils ont besoin de tout ça: AVEZ-VOUS ETE CONDAMNE A UNE QUELCONQUE PEINE? ETES-VOUS ALLE UNE FOIS DANS LA VIE SUR LE NOUVEAU MONDE? SI OUI, POURQUOI FAIRE? COMMENT? AVEC QUI? OU? 'fin tout ça quoi...

Maintenant l'attente. Je dois attendre. Une réponse, un signal ou un truc comme ça. Une confirmation: VOUS AVEZ VOT' PASS PASS POUR LE NOUVEAU MONDE! CIRCULEZ! Et à ce moment-là, je circulerai. Je prendrai un flying boat et j'y poserai le pieds, comme le premier homme sur la lune, sans drapeau cette fois.

Maintenant l'attente. Avec les doigts qui craquent, et les dents qui crissent parce que l'attente est propice au stresse. Je stresse. C'est stressant.

vendredi 20 novembre 2009

Derniers jours de taf'



Bientôt la fin d'un taf' qui me tient éveillé la nuit, endormi le jour, qui me tient la vie à l'envers. Drôle d'effet l'impression de demeurer la tête en bas. La terre est en haut, le ciel est en bas.

Le soleil ne se lève plus le matin quand je pars. C'est tout nuit. Tout brouillard. Quelques fois, il y a des cadavres d'animaux éclatés sur le bitume. Un lapin, ou un renard, ou un chat, ou un chien, ou autre chose de mort.

J'ouvre la porte métallique de la grande petite surface où je bosse. Direction rayon des huiles, des sauces, des pâtes et autres féculents. Je range les bouteilles et les boites en carton, j'aligne les boîtes de soupes industrielles.$

Tout un rayon de marques, les plus prestigieuses et pleines de couleurs, avec pleins d'étoiles, plein de choses qui scintillent et qui tintent. "Façon grand-mère", "comme à la maison", "Traditionnel"... ils nous font croire que tout ça reste de l'authentique, du prestige, que ta grand-mère reste derrière son chaudron et touille sa soupe centenaire, toute dégoulinant de sueur et PLOF dans la soupe. L'huile d'olive traditionnelle mise en bouteille comme un grand cru du sauternais.

Puis il y a les produits du bas, tout bas, ceux qui rasent le sol poussiéreux. Les sans marque, sans objet, sans lumière, sans couleur, sans rien, et qui trainent avec les quelques moutons millénaires qui se baladent sur les carreaux du rayon. De la bouffe mise en boîte à la louche, comme à la cantine quand le cuistot sert ta purée PLOC! TIENS! AU SUIVANT! Les pauvres, déjà bien bossu par le poids du temps et du labeur, se penchent et tendent le bras pour prendre ces boîtes. Limite à genoux sur les carreaux. Et remplissent leur caddie-chariot-roulotte de choses ternes. Il doivent se baisser même pour manger, se courber l'échine pour ramasser le peu de couleurs permises.

En tout cas, ma démission est faite. Le 6 décembre je ferai un signe de la main, sans trop me retourner. Avec le poids d'une année derrière.

mardi 17 novembre 2009

Les icebergs



Les icebergs n'ont plus de fondation, ils coulent, ils éliminent leur cellulite, leur matières grises dans les eaux. Les icebergs font la queue dans les chambre à gaz, condamnés pour avoir coulé l'insubmersible, le grand, le Titre! Les icebergs sont nocifs pour la santé, trop de glaçons dans les whiskies ça frise les banquises, les marquis ne sont plus assez saouls. Les icebergs n'ont plus de calotte glacière, ils sont nus et défilent comme dans des damnés, tête baissée, ils ne voient plus l'avenir, il s'y noient et se consument, glissent et s'immiscent tranquillement sous les eaux. Les icebergs naviguent sur les eaux, sales loups de mer, je les ai vus se marrer, s'amarrer et repartir sans rien dire, comme ça, pour la vie.

jeudi 5 novembre 2009

Un grand soir...

C'était encore l'un de ces grands soirs, à tapoter sur ce foutu clavier sans couleur, devant cet écran sans couleur, et le bruit incessant de l'ordinateur. Et je me dis qu'il ne me reste plus que lui, l'ordi, pour supporter tous les coups. Je me dis qu'il ne me reste plus que lui, à l'ordi, pour frôler la folie qui me guette, toujours et encore car ce n'est pas la première fois, oh non, c'est encore l'un de ces grands soirs.

Mes journées ne sont pas très belles. Ça non. Elles sont les témoins d'une chute toute lente, sans style, ni manière. Une chute lente qui se fait en silence, dans l'espace bien carré de mon lit, sous les couvertures qui ne savent plus quoi couvrir. Et pourtant je n'ai pas froid, je crève de chaud. C'est une chute qui fait transpirer. Elle fait couler toute les sueurs de mon corps, en partant de la tête. Ces gouttes qui dégoulinent et qui touchent les cils, et qui stagnent là, un temps, comme des éclaireurs. Voilà, j'ai des sueurs éclaireuses, des sueurs qui profitent de l'absence de tout pour visiter le terrain et s'y plaire. Puis tout le reste se la ramène et me couvre. Alors je suis pris de frissons, de spasmes limites psychédéliques. En silence sous la couverture et le cadre du lit. Cette chaleur moite n'est pas sans conséquences. Ça non. Elle n'est pas sans conséquence. La télé est allumée, il y a des tonnes et des tonnes d'images qui défilent, droites comme des i, des images froides. Les pulsations de mon cœur s'accélèrent sans que je m'en rende compte. Ça fait partie de la chute, et les frissons n'arrangent rien à l'affaire. Il y a la belle présentatrice, il y a ses cheveux qui coulent sur ses seins et tout le reste. Puis un instant d'éclats d'obus, une fumée vagabonde qui va dans le ciel, une mer de plastique qui flotte, une éclipse dans les quatre coins du monde. Ma lampe de chevet est allumée aussi, elle m'aide à y voir plus claire dans tout ça mais ce n'est pas le cas. Disons que c'est une source rassurante, comme un oasis dans le rien.

Dans ces journées, il m'arrive de sauter en dehors de tout ça et d'arracher tout ce que j'ai dans le crâne. Je fais une bonne salade de pensées, de détritus, de choses qui n'en peuvent plus d'être. Alors je fonce sur l'ordinateur et je lui tape dessus. Le puching-ball de l'esprit. J'entends encore Hank me dire que POUR PLAIRE AUX FEMMES, JE TAPE! Ça défoule! Mais ces grands soirs comme celui-ci ne font pas de bien. J'ai beau taper et rien ne se passe, rien ne vient, à croire que lors de mes précédents combats j'ai tout cassé, et il ne me reste plus rien. Peut-être des ruines... des putains de ruines...

J'enregistre le tout. SANS NOM 1. Pas mal pour un titre de projet je me dis. Pas mal pour un début. Je ferme l'ordinateur, je le tue pour la énième fois.

Je sors en dehors de tout ça et me remplis un verre. L'espace est plus vaste, j'y respire mieux. On parle sur les ondes à la radio mais rien de bien intéressant.