jeudi 30 juillet 2009

Itinéraire de l'escapade ukrainienne

Demain est le commencement. Pour une sorte de préambule, comme un sas avant le départ. Grand repas entre amis, à la campagne, histoire de se dire qu'on n'est pas totalement seuls.

J'ai rempli mon sac comme si j'avais farci une dinde. Sans être rempli à bloc. Il y a encore du vide. Plein de vide. A se demander si je l'ai bien bourré. J'ai beau tourner en rond, il n'y a rien de manquant: 2 tenues différentes, un peu de bouffe, mes papiers, des bricoles pour passer le temps... et pourtant, j'ai ce sentiment d'oublier des choses.
Je ne vais pas me plaindre d'avoir un sac pas trop lourd non plus.



Je pars demain, donc!
La première grande direction sera PARIS. Paris et tout ce que je n'aime pas... mais passage obligé. J'espère ne pas trop trainer là-bas et atteindre la frontière allemande dès la première journée: SAARBRUCKEN, au moins.

Puis direction Prague. Traversée de l'Allemagne en passant par NUREMBERG. Ce semble assez simple, une unique autoroute apparait comme un coup de rasoir sur la carte, c'est tout droit.

Ensuite, c'est le flou total. Les routes se dispersent et laissent place à des chemins plus petits, des nationales toutes riquiqui. Dans ma tête, on rejoindrait la Pologne: CRACOVIE... et direction Ukraine par L'VIV... puis ODESA pour la destination finale, au bord de la mer noire.

Mais les voyages en stop restent aléatoires. Il est bon de se fixer une ligne directrice mais je sais déjà que je ne la tiendrai pas. Car c'est comme ça. Ça marche à coup d'aléatoire.
Imaginez-vous que nous soyons bloqués dans une campagne polonaise, avec des hectares et des hectares de vert, une ferme dans un coin. Imaginez qu'une personne nous invite gracieusement chez elle et nous ne lâche plus, avec banquets et soirées beuveries à la clé. Imaginez que nous soyons charmés par un paysage bucolique, limite idyllique, en route...

Pleins de choses en perspective...

jeudi 23 juillet 2009

Jésus a des picotements!

Il y a des picotements dans l'air, des envies irréductibles de partir, un peu plus encore, vers ce pays de l'est, l'Ukraine, et tous les autres avant. Ça picote et ça me grignote les pensées du moment.

Les matins, devant mon fours, et mes chariots de pains industriels, je rêve. Malgré les vapeurs, les fumées, les bouffées de chaleurs, les machines qui étiquètent, qui malaxent les cerveaux, font tirer la gueule au personnel passionné. Malgré les gestes répétés, automatiques, et la sonnerie du four qui m'alerte, encore une fois de plus, les bâtons de pâtes congelées que j'enfile dans les auréoles des chariots crades. Parce qu'il sont crades, les chariots de pains. Ils sont vieux et crasseux.

Il m'est arrivé de me prendre pour Jésus, les dimanche matin quand le peuple se rue pour acheter l'une de ces précieuses baguettes en toc. Les bras pleins de pains, je distribue, je donne, et les gens défilent, me remercient, tête baissée et laissent place aux autres derrière dont l'envie ne cessait d'accroître.
C'est comme ça que ça se passe. Il y a des jours où je me prends pour Dieu, un prophète ou quelque chose de semblable.



Mais depuis quelques jours, j'ai les doigts qui picotent, les yeux qui ne voient plus mais qui contemplent. J'entends un appel au loin, sans trop savoir d'où est ce qu'il vient. Et me prendre pour un divin qui distribue du pain ne me dit plus rien. Plus rien du tout.

Je bourdonne sur de la musique beatnik; Joplin, Velvet et autres baroudeurs musicaux. Des choses qui me transportent dans la tête. Je rêve.

Il ne reste plus que 3 jours de labeur, et je m'éclipse dans d'autres paysages. Je n'ai pas encore préparé mon sac, ni les matériel nécessaire. D'ailleurs je me dis que moins je prendrai, mieux ce sera. Se défaire de l'inutile quelques temps. Revenir au principal. L'air et le monde autour.
Les picotements me reviennent...

samedi 18 juillet 2009

Deuxième battement... Boum

Une première semaine de vie. Un second battement de cœur. BOUM BOUM!
Une première semaine de rien. Ou presque. En stand by, comme un capitaine au port. J'emballe les pains, les baguettes, toute une boulangerie plastique et artificielle. Ça fait passer le temps en attendant les départs...

J'ai aussi découvert que l'amour n'était qu'une hallucination. Je suis avec une Chilienne, petit gabarit, sans trop d'extase, toute mimi mais les pieds bien sur terre. Avec toute une institution de règles, de commandements, d'ordres éducationnels.
Avec elle, je suis retourné dans ma petite enfance, avec toutes les contraintes de la petite enfance...
J'ai découvert que l'amour, ce n'était qu'une succession de monologues, au début déchainés, très passionnés, avec les corps qui se touchent quand ils se parlent, les doigts qui glissent sur l'autre, les mots qui deviennent regards puis tout le reste qui ne fait qu'amplifier les choses. L'amour est chose.

J'ai toujours été épris par le voyage. Qu'importe sa forme. Ce peut être sous la forme amoureuse aussi, sans problème, sans bouger, avec le cœur et les yeux en l'air, avec quelqu'un comme compagnon de route. Mais sur la route, la loi du passage est reine... Les gens passent et ne reviennent plus, sur les routes. Ils s'éclipsent après nous avoir serré la main "BONJOUR", un sourire et un signe de la main, au loin, en guise d'AU REVOIR. Un peu comme l'amour et tous ces gens qu'on rencontre, parfois. Sur la route, le mouvement reste le maître, sol instable, ciels changeant, pluie et soleil, chaud et froid, parfois un matelas et parfois un sol dur, des couchés de soleil à n'en plus finir, feu de camp, lampe torche dans la nuit, du pain pour festin... rien n'est acquis, on se remet sans cesse en question. Comment pourrait-on construire toute une vie au même endroit?
La question des rencontres, et de l'amour, en voyage me taraude beaucoup. A quoi bon faire ces rencontres si, dès le début, tout est voué à l'éphémère?

Sans doute aurai-je une réponse un jour... une nuit...

dimanche 12 juillet 2009

Inauguration ce dimanche...


Aujourd'hui, c'est dimanche. Et comme chaque dimanche, je rentre du boulot. Je cuis du pain industriel pour les ménages dominicaux, pour ceux qui ont le pouvoir d'achat même les jours où il ne devrait pas en avoir. Du pain à la louche. Du pain à foison. Du pain qui cuit et qui crépite quand je le retire du four à 200 degrés. Pains, baguettes, pain de campagne, miches blanches, boules de campagne, multicéréales... Bref, tout ça quoi. Du pain à n'en plus savoir quoi foutre. C'est comme ça que ça commence, ici, par un dimanche où l'on mange du pain. Toute une cérémonie... pour l'honneur... pour la conservation du titre...



Je disais donc, aujourd'hui est dimanche. Au mois de Juillet. Le soleil cogne fort et c'est affreux comme il cogne quand on sort sur les coups de midi. Il cogne et il donne des claques. Je me sens ramollo. A peine énergétique mais assez punchy pour écouter de la musique et divaguer quelques instants. Et penser un peu, toujours, au prochain trip que mes pieds feront. Bientôt sans doute. D'ici quelques semaines. Je pourrais même dire dans même pas 3 semaines.

Le 3 aout.
Je pars le 3 aout pour l'autre bout de l'Europe. Celle que je ne connais pas. Celle qu'on connaît peu. Celle qu'on peut connaître à condition de garder les yeux ouverts, et le souffle vif. L'Ukraine dans toute une splendeur.

Alors j'ai ouvert un blog. Une page électronique. Une fausse page avec des faux mots. Tout froid mais qui s'évapore si facilement dans l'air. Qu'importe l'endroit où je serai, ces pages seront là. J'étalerai quelques bouts de vie, quelques gouttes de par-ci par-là, des anecdotes quand elles déborderont de mes poches, des réflexions aussi. Histoire de garder le fil. Histoire de mettre au courant les autres lecteurs-écrivants-voyageurs impromptus.

De toute façon, je ne pars pas en voyage.
Je ne pars pas en vacances...
J'ai presque envie de dire que je pars vivre un peu.

J'en arrête là pour cette introduction.
Je laisse place au reste, pour la suite...